Blog

Mandataire immobilier (iad, réseau) : peut-on déduire ses km en auto-entrepreneur ?

Kilevo

Mandataire immobilier (iad, réseau) : peut-on déduire ses km en auto-entrepreneur ?

C'est la question numéro un que se pose un mandataire immobilier de réseau — iad, Safti, Capifrance, et les autres : « Je roule toute la journée pour mes visites, est-ce que je peux déduire mes frais kilométriques ? » La réponse honnête, celle que beaucoup n'ont pas envie d'entendre, tient en un mot : non. Pas parce que vos kilomètres ne comptent pas, mais parce que le régime fiscal sous lequel travaillent presque tous les mandataires de réseau — le micro-BNC — interdit purement et simplement la déduction des frais réels. Voyons pourquoi, et à partir de quand la situation peut basculer.

Le mandataire de réseau est presque toujours au micro-BNC

Un mandataire immobilier en réseau n'est ni salarié, ni agent immobilier titulaire de la carte T : c'est un agent commercial indépendant, immatriculé au registre spécial des agents commerciaux (RSAC). À ce titre, ses commissions relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC). C'est confirmé par l'administration : sauf cas exceptionnel, le mandataire qui négocie pour un réseau est imposé en BNC.

Tant que ses recettes annuelles restent sous 83 600 € (seuil du micro applicable pour la période 2026-2028), il relève par défaut du micro-BNC, avec un abattement forfaitaire de 34 %. C'est simple, c'est automatique — et c'est précisément là que se joue la déception sur les frais de voiture.

Au micro-BNC, vos frais kilométriques ne se déduisent pas

Répétons-le, sans détour : au micro-BNC, vous ne déduisez aucun frais réel, et donc aucun kilomètre. L'abattement de 34 % est votre déduction de frais. L'administration considère qu'en retranchant 34 % de votre chiffre d'affaires, elle a déjà tenu compte de toutes vos charges professionnelles : l'essence, les péages, l'entretien de la voiture, l'assurance, le téléphone, les cartes de visite, les panneaux, la publicité, tout.

Conséquence directe : vous ne pouvez pas, en plus de l'abattement, ajouter vos pleins d'essence ou appliquer le barème kilométrique. Il n'existe pas de « note de frais » qui viendrait réduire votre bénéfice imposable au micro. Que vous rouliez 5 000 ou 40 000 km dans l'année, votre impôt se calcule de la même façon : chiffre d'affaires encaissé, moins 34 %. Le kilométrage ne change rien à l'équation.

C'est la même règle que pour tout micro-entrepreneur, quel que soit le métier — nous l'expliquons en détail dans notre article sur les frais de l'auto-entrepreneur. Mais chez le mandataire immobilier, elle fait particulièrement mal, parce que la voiture est l'outil de travail numéro un.

Quand le passage au réel change la donne : le cas du gros rouleur

Il existe une seule façon de déduire vos frais kilométriques : quitter le micro-BNC pour la déclaration contrôlée (régime réel, formulaire 2035). Là, plus d'abattement forfaitaire : vous déduisez vos charges réelles, une à une, et la voiture s'évalue au barème kilométrique.

Est-ce intéressant ? Cela dépend d'un seul arbitrage : vos frais réels dépassent-ils les 34 % que l'abattement vous offre gratuitement ?

Prenons un mandataire qui encaisse 40 000 € de commissions dans l'année. Au micro-BNC, son abattement forfaitaire vaut 40 000 × 34 % = 13 600 € : c'est le montant de frais que le fisc lui « accorde » sans justificatif. Pour que le réel soit gagnant, il faut que ses charges réelles dépassent ce chiffre. Or, un mandataire qui parcourt 25 000 km professionnels en 5 CV déduit déjà, rien qu'avec le barème :

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
4 CVkm × 0,606km × 0,340 + 1 330km × 0,407
5 CVkm × 0,636km × 0,357 + 1 395km × 0,427
6 CVkm × 0,665km × 0,374 + 1 457km × 0,447

25 000 × 0,427 = 10 675 € de barème kilométrique. Ajoutez-y les cotisations, la part réseau (redevances, pack, formation), le téléphone, la publicité et les autres charges d'un mandataire actif, et vous dépassez sans peine les 13 600 € de l'abattement. Dans ce cas, la déclaration contrôlée fait baisser l'impôt — et les kilomètres, enfin, comptent.

À l'inverse, un mandataire qui débute, encaisse peu et roule modérément a presque toujours intérêt à rester au micro : l'abattement de 34 % lui offre plus de frais qu'il n'en a réellement. La règle de bon sens : plus vous facturez et plus vous roulez, plus le réel devient attractif. Notre page frais réels ou barème kilométrique aide à poser le calcul.

Comment on bascule, concrètement

L'option pour le régime réel (déclaration contrôlée) se déclare auprès du service des impôts, en principe avant le 1er février de l'année pour laquelle vous la souhaitez. Elle vous engage à tenir une comptabilité BNC et à remplir une 2035 — plus lourd que le micro, mais c'est le prix de la déduction. Avant de vous lancer, une seule chose compte : connaître votre kilométrage professionnel réel. C'est lui qui décide si le réel est rentable, et c'est lui que vous devrez justifier ensuite.

Le vrai enjeu : savoir combien vous roulez, avant même de décider

Impossible d'arbitrer entre micro et réel sans un chiffre fiable : le total des kilomètres professionnels que vous parcourez vraiment. Et c'est justement celui que la plupart des mandataires n'ont jamais. On sait qu'on roule « beaucoup », sans jamais l'avoir compté — et faute de ce chiffre, on reste au micro par défaut, parfois à tort.

Or vos déplacements sont déjà écrits dans votre agenda : chaque visite, chaque estimation, chaque rendez-vous porte une adresse et une date. Kilevo lit votre agenda et en déduit automatiquement vos trajets — distance, date, lieu — sans que vous notiez un seul chiffre. En quelques semaines, vous savez enfin ce que vous roulez, et vous pouvez arbitrer les yeux ouverts. Le calculateur d'indemnité kilométrique vous donne aussitôt ce que ces kilomètres vaudraient au barème, et la page Kilevo pour les agents immobiliers montre comment un mandataire au réel construit un relevé qui tient face au fisc.

Questions fréquentes

Un mandataire immobilier en micro-BNC peut-il déduire ses frais kilométriques ?

Non. Au micro-BNC, l'abattement forfaitaire de 34 % est réputé couvrir tous vos frais, voiture comprise. Vous ne pouvez ni ajouter vos pleins, ni appliquer le barème kilométrique. La seule voie pour déduire vos kilomètres est le passage à la déclaration contrôlée (régime réel).

À partir de combien de kilomètres le régime réel devient-il intéressant ?

Il n'y a pas de seuil universel : tout dépend du rapport entre vos frais réels et l'abattement de 34 % de votre chiffre d'affaires. Concrètement, plus vous encaissez et plus vous roulez, plus le réel gagne. Le bon réflexe est de calculer d'abord votre kilométrage réel, puis de comparer.

Le mandataire iad est-il en BIC ou en BNC ?

En BNC. Le mandataire de réseau est un agent commercial indépendant ; ses commissions relèvent des bénéfices non commerciaux, et non des BIC. C'est ce qui rend le barème kilométrique accessible… mais seulement au régime réel, jamais au micro.

Si je passe au réel, quels autres frais puis-je déduire en plus des kilomètres ?

Au réel, vous déduisez l'ensemble de vos charges professionnelles réelles : redevances de réseau, cotisations sociales, téléphone, publicité, panneaux, formation, plus la voiture au barème (péages et stationnement en sus). C'est ce cumul qui, chez un mandataire actif, dépasse l'abattement de 34 %.

Commentaires

Commentaires

Kilevo Installer Kilevo pour un accès rapide