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Auto-entrepreneur : peut-on déduire ses frais kilométriques ?

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Auto-entrepreneur : peut-on déduire ses frais kilométriques ?

C'est sans doute la question la plus posée par les indépendants qui roulent : « Je suis auto-entrepreneur, je fais des kilomètres pour mon activité, est-ce que je peux les déduire ? » La réponse courte est claire, et il vaut mieux la connaître avant de remplir sa déclaration : non, au régime micro, vous ne déduisez pas vos frais kilométriques — ni au barème, ni au réel, ni sous aucune forme. Ce n'est pas un oubli de l'administration : c'est le principe même de la micro-entreprise. Voyons pourquoi, et dans quel cas la déduction redevient possible.

Pourquoi le micro interdit la déduction : tout est dans l'abattement

La micro-entreprise repose sur un marché simple : en échange de formalités allégées, vous ne déduisez aucune charge réelle. À la place, l'administration retranche automatiquement de votre chiffre d'affaires un abattement forfaitaire, censé représenter l'ensemble de vos frais professionnels. Cet abattement dépend de votre activité :

Type d'activitéRégimeAbattementSeuil 2026
Vente de marchandises, hébergementmicro-BIC71 %203 100 €
Prestations de services commerciales/artisanalesmicro-BIC50 %83 600 €
Professions libérales, prestations non commercialesmicro-BNC34 %83 600 €

Ces seuils ont été revalorisés de 7,6 % pour la période 2026-2028. Mais le pourcentage d'abattement, lui, ne bouge pas — et c'est lui qui scelle le sort de vos frais de voiture.

Ce que l'abattement couvre déjà (et pourquoi vous ne pouvez rien ajouter)

L'idée à intégrer : l'abattement forfaitaire, c'est votre déduction de frais. Quand un prestataire de services au micro-BNC voit 34 % de son chiffre retirés avant impôt, l'administration considère qu'elle a déjà tenu compte de tous ses frais : essence, entretien, assurance et amortissement de la voiture, mais aussi matériel, loyer, téléphone, logiciels, fournitures.

Vous ne pouvez donc pas, par-dessus, déduire vos kilomètres ni ajouter vos pleins d'essence. Il n'existe pas de « frais réels en plus de l'abattement » : c'est l'un ou l'autre, jamais les deux. Que vous ayez roulé 3 000 ou 30 000 km, que votre voiture soit neuve ou payée cash, votre impôt se calcule toujours de la même manière : chiffre d'affaires encaissé, moins l'abattement de votre catégorie. Le kilométrage n'entre nulle part dans le calcul.

C'est la même règle pour tous les métiers, du consultant au coach sportif en passant par l'artisan au micro : notre page dédiée aux frais de l'auto-entrepreneur détaille les cas concrets.

La seule façon de déduire ses kilomètres : le régime réel

Il y a bien une porte de sortie, mais elle suppose de quitter le régime micro pour le régime réel (déclaration contrôlée en BNC, ou réel simplifié/normal en BIC). Là, plus d'abattement automatique : vous déduisez vos charges réelles, justificatifs à l'appui. Et c'est là que le sort de vos kilomètres dépend de votre catégorie fiscale — un point que beaucoup ignorent :

  • Au réel en BNC (profession libérale, prestations non commerciales) : vous pouvez évaluer votre voiture au barème kilométrique. Vos kilomètres professionnels × le coefficient de votre puissance fiscale : c'est simple, forfaitaire, et cela couvre carburant, entretien, assurance et dépréciation. C'est l'option la plus courante des libéraux qui roulent.
  • Au réel en BIC (vente, prestations commerciales/artisanales) : le barème kilométrique ne vous est pas ouvert. Vous déduisez les frais réels de votre véhicule — carburant, entretien, assurance, amortissement — au prorata de l'usage professionnel. C'est plus précis, mais nettement plus lourd à documenter.

Cette distinction est essentielle : « passer au réel » ne veut pas dire « appliquer le barème ». Seul le BNC accède au barème ; le BIC, lui, tient la comptabilité de ses dépenses de voiture, poste par poste.

À quoi ressemble une déduction au barème (cas BNC au réel)

Voici les coefficients 2026 pour une voiture thermique, sur les puissances les plus courantes :

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinskm × 0,529km × 0,316 + 1 065km × 0,370
4 CVkm × 0,606km × 0,340 + 1 330km × 0,407
5 CVkm × 0,636km × 0,357 + 1 395km × 0,427
6 CVkm × 0,665km × 0,374 + 1 457km × 0,447

Un consultant au réel en BNC, en 5 CV, qui parcourt 12 000 km professionnels : 12 000 × 0,357 + 1 395 = 5 679 € déductibles de son bénéfice. En véhicule électrique, le barème est majoré de 20 %. À l'inverse, ces 5 679 € ne « rapportent » que s'ils dépassent l'abattement que le micro lui aurait offert — d'où l'importance de comparer avant de basculer. Notre page frais réels ou barème kilométrique pose cet arbitrage, et le calculateur d'indemnité kilométrique chiffre le barème en quelques secondes.

Et si je refacture mes déplacements au client ?

Attention à une confusion fréquente. Vous pouvez tout à fait facturer des frais de déplacement à votre client, même au micro. Mais ce n'est pas une déduction : c'est une recette. Le montant refacturé s'ajoute à votre chiffre d'affaires, entre dans vos seuils, et supporte vos cotisations. Refacturer un déplacement gonfle votre CA imposable ; cela ne réduit pas votre impôt. Les deux notions — refacturer une recette, déduire une charge — n'ont rien à voir, et au micro, seule la première vous est réellement ouverte.

Le vrai enjeu : connaître ses kilomètres pour décider en connaissance de cause

Rester au micro ou basculer au réel n'est pas une question de principe : c'est un calcul. Et ce calcul repose sur un chiffre que presque aucun auto-entrepreneur ne possède vraiment — le total des kilomètres professionnels parcourus dans l'année. Sans lui, on reste au micro par défaut, parfois en laissant filer une vraie économie d'impôt.

Or vos déplacements sont déjà écrits dans votre agenda : chaque rendez-vous, chaque intervention, chaque visite porte une adresse et une date. Kilevo lit votre agenda et en déduit automatiquement vos trajets — distance, date, lieu — sans aucune saisie. Vous savez enfin ce que vous roulez, ce que cela vaudrait au barème, et si le passage au réel en vaut la peine. Besoin d'estimer une distance précise ? Le calculateur de distance la donne en un clic. Le jour où vous êtes au réel, ce même relevé devient la preuve qui tient face au fisc.

Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur peut-il déduire ses frais kilométriques ?

Pas au régime micro. L'abattement forfaitaire (34 % en BNC, 50 % ou 71 % en BIC) est réputé couvrir tous vos frais, voiture comprise : vous ne pouvez rien déduire en plus. La déduction des kilomètres n'est possible qu'au régime réel.

Peut-on cumuler l'abattement micro et les frais réels ?

Non, jamais. L'abattement forfaitaire remplace la déduction des charges réelles. C'est l'un ou l'autre : soit vous restez au micro avec l'abattement, soit vous passez au réel et déduisez vos frais effectifs, dont les kilomètres.

Au réel, tout le monde peut-il utiliser le barème kilométrique ?

Non. Le barème est réservé aux titulaires de BNC (et aux salariés). Au réel en BIC, on ne l'utilise pas : on déduit les frais réels du véhicule — carburant, entretien, assurance, amortissement — au prorata professionnel.

Facturer un déplacement à mon client, est-ce déduire mes frais ?

Non. Refacturer un déplacement est une recette qui augmente votre chiffre d'affaires imposable, pas une déduction. Au micro, c'est d'ailleurs la seule façon de « valoriser » un déplacement, mais elle joue à la hausse sur votre CA, pas à la baisse sur votre impôt.

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