Indemnité kilométrique aide à domicile 2026 : barème et remboursement
Kilevo
Vous enchaînez les interventions, un bénéficiaire après l'autre, et la même question revient : « Mon kilomètre, il vaut combien, et qui me le paie ? » Sur le sujet, internet mélange tout — le fameux « 0,35 € du kilomètre », le barème des impôts, les indemnités de la Sécu. Or ces trois choses n'ont rien à voir. Pour savoir ce à quoi vous avez droit en 2026, il faut d'abord répondre à une seule question : êtes-vous salariée ou indépendante ? Tout le reste en découle.
Salariée ou indépendante : deux mondes qui ne se calculent pas pareil
La très grande majorité des aides à domicile et auxiliaires de vie sont salariées : d'une association ou d'une structure d'aide à domicile, d'une entreprise de services à la personne, ou directement d'un particulier employeur (via le CESU). Dans ce cas, vos kilomètres ne sont ni une déduction fiscale, ni une indemnité de l'Assurance Maladie : c'est un remboursement de frais versé par votre employeur, encadré par votre convention collective.
Le cas de l'aide à domicile indépendante (auto-entrepreneuse) existe, mais il est rare, et il obéit à des règles totalement différentes : là, on parle de déduction fiscale. On y revient en fin d'article. Commençons par le cas majoritaire, celui de la salariée.
Salariée : le remboursement conventionnel, pas le barème des impôts
Si vous relevez de la branche de l'aide, de l'accompagnement, des soins et des services à domicile (la « BAD », convention IDCC 2941, le secteur associatif), votre indemnité kilométrique est fixée par la convention collective. Et c'est ici qu'il faut mettre à jour ce que vous avez peut-être lu ailleurs :
- La convention de 2010 prévoyait 0,35 €/km — c'est ce chiffre qui traîne encore partout sur le web.
- Il est passé à 0,38 €/km en octobre 2022 (avenant 50).
- Depuis le 1er juin 2026, il est de 0,40 €/km (avenant 76, agréé par arrêté publié au Journal officiel le 29 mai 2026).
C'est un taux unique : contrairement au barème des impôts, il ne dépend ni de la puissance de votre voiture, ni du nombre de kilomètres parcourus dans l'année. Chaque kilomètre professionnel remboursable vaut 0,40 €, point. Retenez bien : ce montant est remboursé par votre employeur, il n'apparaît pas sur une déclaration d'impôt et n'a rien à voir avec les IK que facture une infirmière à la Sécu.
Deux réserves importantes. D'abord, cet avenant ne s'applique qu'au secteur associatif de la branche. Si vous êtes salariée d'une entreprise privée de services à la personne (convention IDCC 3127) ou d'un particulier employeur via le CESU (une autre convention encore), votre indemnité dépend de votre convention ou de l'accord de votre employeur, et peut différer. Ensuite, ce taux est un minimum conventionnel : rien n'interdit à un employeur de rembourser davantage, et certains le font.
Quels trajets vous sont réellement remboursés ?
Le montant, c'est une chose ; savoir quels kilomètres il couvre en est une autre — et c'est là que beaucoup d'heures de route passent à la trappe. La règle est la suivante :
- Les trajets entre deux interventions dans la journée (les « inter-vacations ») sont remboursés au kilomètre. Mieux : le temps passé sur ces trajets est considéré comme du temps de travail effectif et doit être rémunéré.
- Le trajet domicile ↔ premier bénéficiaire du matin, et dernier bénéficiaire ↔ domicile du soir, suivent en principe les règles du trajet domicile-travail : ils ne sont pas remboursés de la même manière.
Ce sont donc surtout vos trajets entre bénéficiaires qui doivent être comptés et payés. Si vous avez le sentiment de rouler beaucoup pour rien, c'est souvent là que ça coince. Nous avons consacré un guide entier à ce point pour les auxiliaires de vie salariées : faire valoir ses trajets de salarié auprès de son employeur.
Le cas rare : aide à domicile indépendante
Si vous exercez en auto-entrepreneuse, vous n'êtes pas remboursée par un employeur : vous facturez vos prestations. Vos kilomètres ne se valorisent alors que par la déduction fiscale, et seulement si vous êtes au régime réel. Or l'auto-entrepreneur est par définition au micro : l'abattement forfaitaire est réputé couvrir tous vos frais, y compris la voiture, et vous ne déduisez pas vos kilomètres en plus. Ce n'est qu'en passant au réel (rare à ce niveau d'activité) que vous pourriez appliquer le barème kilométrique fiscal 2026, qui lui dépend bien de la puissance du véhicule et du kilométrage annuel. Le calculateur d'indemnité kilométrique vous en donne le montant.
Comment vérifier que votre compte est juste
Que vous soyez remboursée à 0,40 € ou à un autre taux, le principe est le même : vous ne serez payée que pour les kilomètres que vous pouvez présenter. Un remboursement kilométrique se calcule sur un relevé — dates, bénéficiaires visités dans l'ordre, distances entre chaque adresse. Sans ce relevé, impossible de vérifier votre bulletin, et impossible de réclamer si un employeur oublie une inter-vacation.
Le calcul est simple à poser : additionnez, mois par mois, les distances entre chaque intervention successive, multipliez par votre taux conventionnel, et comparez au montant figurant sur votre paie. L'écart, s'il y en a un, se voit tout de suite.
Le vrai enjeu : un relevé de tournées que vous n'avez pas à tenir à la main
Noter chaque trajet, chaque adresse, chaque distance, à la fin d'une journée de six ou sept interventions, personne ne le fait vraiment. Et c'est bien le problème : les kilomètres non notés sont des kilomètres non payés.
Or votre tournée est déjà écrite quelque part : dans le planning que vous recevez, ou dans votre agenda. Chaque intervention y porte une heure et une adresse. Kilevo lit cet agenda et en déduit automatiquement vos trajets — l'ordre des bénéficiaires, la distance entre chacun, le total du mois — sans que vous ayez à noter un seul chiffre le soir. Vous obtenez un relevé clair, que vous pouvez comparer à votre bulletin ou présenter à votre employeur pour être remboursée à hauteur de ce qui vous est dû. Côté structures, la page Kilevo pour les employeurs montre comment fiabiliser ces remboursements.
Questions fréquentes
Combien vaut le kilomètre d'une aide à domicile en 2026 ?
Pour une salariée de la branche associative de l'aide à domicile (BAD, IDCC 2941), l'indemnité kilométrique conventionnelle est de 0,40 €/km depuis le 1er juin 2026 (avenant 76), contre 0,38 € auparavant. C'est un taux unique, indépendant de la puissance du véhicule. Dans une entreprise privée ou chez un particulier employeur, le taux dépend de la convention applicable.
Le « 0,35 € du kilomètre » est-il encore d'actualité ?
Non. Ce montant est celui de la convention de 2010. Il a été relevé à 0,38 € en 2022, puis à 0,40 € au 1er juin 2026. Si votre employeur vous rembourse encore 0,35 €, il applique un barème périmé.
Est-ce la même chose que le barème des impôts ?
Non. L'indemnité conventionnelle est un remboursement de frais versé par l'employeur à une salariée. Le barème kilométrique fiscal, lui, est une déduction réservée aux indépendants au régime réel. On ne cumule pas les deux et on ne les confond jamais.
Mes trajets domicile-premier client sont-ils remboursés ?
En principe non : le trajet entre votre domicile et la première intervention, comme celui du retour le soir, relève du trajet domicile-travail. Ce sont surtout vos déplacements entre bénéficiaires, en cours de journée, qui doivent être remboursés et dont le temps est payé.