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Frais kilométriques agent immobilier : ce que le mandataire indépendant peut déduire

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Frais kilométriques agent immobilier : ce que le mandataire indépendant peut déduire

Un agent immobilier passe ses journées sur la route : estimations, visites, remises de clés, rendez-vous chez le notaire, passages à l'agence. D'un bien à l'autre, les kilomètres s'accumulent vite, et la voiture devient l'un des premiers postes de charges du métier. La question est donc légitime : « Combien puis-je déduire de tous ces trajets ? » La réponse dépend entièrement de votre statut. Cet article s'adresse au mandataire indépendant — l'agent commercial en immobilier qui exerce à son compte — et non au négociateur salarié d'une agence, qui relève d'un autre régime.

Mandataire indépendant : vous relevez des BNC

L'agent commercial immobilier est un mandataire indépendant, inscrit au registre spécial des agents commerciaux (RSAC), qui travaille pour le compte d'un réseau ou d'une agence sans être son salarié. Fiscalement, ses commissions sont imposées en bénéfices non commerciaux (BNC). C'est ce point qui commande votre droit à déduire vos kilomètres, et deux régimes bien distincts s'offrent à vous :

  • Le micro-BNC : un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué sur vos commissions pour représenter l'ensemble de vos frais. Il couvre déjà, forfaitairement, votre véhicule.
  • La déclaration contrôlée (régime réel, déclaration 2035) : vous déduisez vos charges réelles une à une, dont vos frais de voiture — au barème kilométrique ou aux frais réels.

Au micro-BNC, pas de déduction kilométrique

C'est le malentendu le plus fréquent chez les nouveaux mandataires. Si vous êtes au micro-BNC, l'abattement de 34 % est réputé couvrir tous vos frais professionnels, déplacements compris. Vous ne pouvez donc pas déduire vos kilomètres en plus, quel que soit le nombre de visites effectuées dans l'année. Le micro-BNC reste accessible en 2026 tant que vos recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil relevé par la loi de finances pour 2026, contre 77 700 € auparavant).

La vraie question n'est donc pas « ai-je le droit de rester au micro ? », mais « ai-je intérêt à y rester ? ». Dès que vos charges réelles — la voiture en tête — dépassent 34 % de vos commissions, la déclaration contrôlée devient plus avantageuse et vous ouvre la déduction de vos trajets.

Au réel, le barème kilométrique vous est ouvert

Bonne nouvelle, et point souvent ignoré : en BNC à la déclaration contrôlée, si votre véhicule n'est pas inscrit à l'actif professionnel (vous le gardez dans votre patrimoine privé), vous pouvez déduire vos frais de voiture au barème kilométrique de l'administration. C'est une facilité que le régime BNC accorde au professionnel roulant avec sa voiture personnelle, sans la complexité d'un artisan qui devrait amortir un utilitaire à l'actif.

Le barème dépend de deux paramètres seulement : le total de kilomètres professionnels de l'année et la puissance fiscale de votre véhicule (les CV de la carte grise). Voici les formules 2026 pour les puissances les plus courantes :

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinskm × 0,529km × 0,316 + 1 065km × 0,370
4 CVkm × 0,606km × 0,340 + 1 330km × 0,407
5 CVkm × 0,636km × 0,357 + 1 395km × 0,427
6 CVkm × 0,665km × 0,374 + 1 457km × 0,447

Un exemple concret. Vous couvrez votre secteur en 4 CV et vos visites, estimations et rendez-vous représentent 22 000 km professionnels dans l'année. Vous êtes dans la tranche « au-delà de 20 000 km » :

22 000 × 0,407 = 8 954 € déduits de votre bénéfice imposable.

Si votre voiture est électrique, le barème est majoré de 20 %, ce qui alourdit d'autant la déduction. Pour un métier aussi itinérant, l'écart sur une année est loin d'être négligeable.

Ce que le barème couvre, et ce qui se déduit en plus

Le barème est forfaitaire : il intègre déjà le carburant, l'entretien, les pneus, l'assurance, les réparations et la dépréciation. Inutile d'ajouter vos pleins par-dessus, ils sont dedans. Se déduisent en revanche en plus du barème : les péages, le stationnement (précieux en centre-ville entre deux visites) et les intérêts d'un emprunt ayant financé l'achat du véhicule.

Seuls vos kilomètres professionnels comptent

Le barème ne s'applique qu'à vos déplacements professionnels. Comme votre voiture sert aussi à votre vie privée, vous ne déduisez que la part professionnelle. Sur 28 000 km parcourus dans l'année dont 22 000 pour les visites, estimations et rendez-vous mandats, seuls ces 22 000 km entrent dans le calcul. D'où l'importance d'un suivi trajet par trajet plutôt qu'une estimation de fin d'année : c'est ce chiffre que l'administration vous demandera de justifier.

Barème ou frais réels : comment choisir

En déclaration contrôlée, vous pouvez aussi opter pour les frais réels : déduire l'ensemble de vos dépenses de véhicule (carburant, entretien, assurance, amortissement) au prorata de l'usage professionnel. Le choix se fait en début d'année et vaut pour tous vos véhicules jusqu'au 31 décembre.

Pour un mandataire qui roule beaucoup avec une voiture déjà amortie, le barème est plus simple et souvent plus avantageux. Mais si vous venez d'acheter un véhicule cher, les frais réels peuvent l'emporter une année. Le seul moyen de trancher, c'est de comparer. Notre page frais réels ou barème kilométrique détaille l'arbitrage, et le calculateur d'indemnité kilométrique vous donne le montant du barème en quelques secondes.

Le vrai enjeu : un relevé de visites qui tient face au contrôle

Quelle que soit la méthode, tout repose sur un seul chiffre : votre kilométrage professionnel annuel. Et c'est là que le mandataire perd du temps — ou de l'argent. Reconstituer une année de visites de mémoire, c'est sous-estimer ses kilomètres par prudence, donc déduire moins que son dû ; ou avancer un total invérifiable le jour d'un contrôle.

Or vos visites sont déjà écrites quelque part : dans votre agenda. Chaque estimation, chaque visite, chaque rendez-vous mandat porte une adresse et une date, donc un trajet. Kilevo lit votre agenda et en déduit automatiquement vos déplacements — date, adresse, distance — visite après visite, sans que vous ayez à noter un seul chiffre. Le relevé se construit tout seul, et vous arrivez à votre 2035 avec un total déjà prêt et justifiable. La page Kilevo pour les agents immobiliers montre comment, et notre modèle de relevé kilométrique montre à quoi ressemble un journal opposable.

Questions fréquentes

Un agent immobilier indépendant peut-il déduire ses frais kilométriques ?

Oui, à condition d'être à la déclaration contrôlée (régime réel BNC) et de garder son véhicule dans son patrimoine privé. Il déduit alors ses trajets professionnels au barème kilométrique. Au micro-BNC, aucune déduction n'est possible : l'abattement de 34 % couvre déjà tous les frais.

Combien un mandataire immobilier peut-il déduire par kilomètre en 2026 ?

Cela dépend de la puissance fiscale du véhicule et du total annuel. Pour un 4 CV parcourant 22 000 km, la déduction ressort à 8 954 € sur l'année, soit environ 0,41 € par kilomètre. Le taux au km est plus élevé sous 20 000 km, où une part fixe s'ajoute.

Le mandataire salarié d'une agence est-il concerné ?

Non. Un négociateur salarié ne déduit pas ses frais comme un indépendant : il se fait rembourser par son agence ou opte pour les frais réels sur sa déclaration de salaire. Cet article vise le mandataire indépendant en BNC. De même, le mandataire resté au micro-BNC ne peut rien déduire.

Le carburant se déduit-il en plus du barème ?

Non. Le barème est forfaitaire et intègre déjà le carburant, l'entretien, l'assurance et la dépréciation. Ne se déduisent en plus que les péages, le stationnement et les intérêts d'un emprunt lié au véhicule.

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