Auxiliaire de vie salariée : faire rembourser ses trajets entre bénéficiaires
Kilevo
Vous quittez un bénéficiaire, vous roulez dix minutes, vous sonnez chez le suivant. Répété six fois dans la journée, cela fait beaucoup de route — et beaucoup d'auxiliaires de vie ont le sentiment que cette route-là n'est jamais vraiment payée. La question mérite une réponse nette, parce qu'elle relève d'un droit, pas d'une faveur : vos trajets entre deux bénéficiaires doivent être remboursés, et le temps que vous y passez doit être rémunéré. Encore faut-il pouvoir les présenter. Voici ce qui vous est dû, et comment l'appuyer.
D'abord, de quoi parle-t-on : un remboursement, pas une déduction
Mettons un point au clair tout de suite, parce qu'il fait perdre du temps à beaucoup de salariées. En tant qu'auxiliaire de vie salariée, vous n'avez rien à « déduire aux impôts » pour vos trajets, et vous ne facturez aucune indemnité kilométrique à la Sécurité sociale. Ce qui vous concerne, c'est un remboursement de frais versé par votre employeur, encadré par votre convention collective. Le barème des impôts et les IK des infirmières, oubliez-les : ce n'est pas votre sujet.
Votre sujet, c'est de faire en sorte que chaque kilomètre entre deux interventions soit compté et payé au taux prévu par votre convention.
Ce qui vous est dû entre deux bénéficiaires
Quand vos interventions s'enchaînent dans la journée, le déplacement de l'une à l'autre — l'« inter-vacation » — vous donne droit à deux choses distinctes :
- Le remboursement des kilomètres. La distance parcourue entre deux bénéficiaires est remboursée au taux conventionnel de votre branche.
- La rémunération du temps de trajet. Le temps passé sur la route entre deux interventions consécutives est considéré comme du temps de travail effectif : il doit apparaître sur votre bulletin et être payé comme tel. Ce n'est pas une pause, ce n'est pas du temps « offert ». Les textes de la branche de l'aide à domicile comme la jurisprudence sont constants sur ce point.
Autrement dit, une inter-vacation non payée, c'est doublement une perte : les kilomètres et le temps. C'est souvent là que se creuse l'écart entre ce qu'une auxiliaire de vie devrait toucher et ce qu'elle touche réellement.
Le trajet domicile-travail, lui, obéit à d'autres règles
Tous vos trajets ne se valent pas, et il faut être honnête sur la limite. Le déplacement entre votre domicile et le premier bénéficiaire du matin, puis entre le dernier bénéficiaire et votre domicile le soir, relève du trajet domicile-travail. Il n'est pas remboursé de la même façon que les inter-vacations, et son temps n'est pas, en principe, du temps de travail effectif.
La frontière est donc simple à mémoriser : ce qui se passe entre deux bénéficiaires est dû ; ce qui relie votre domicile au premier ou au dernier ne l'est pas de la même manière. C'est précisément cette distinction qui doit apparaître clairement dans votre relevé, sans quoi la discussion avec l'employeur tourne vite au flou.
À quel taux, et pour quelle branche
Le montant du kilomètre dépend de votre convention. Pour les salariées de la branche associative de l'aide à domicile (BAD, IDCC 2941), l'indemnité kilométrique conventionnelle est de 0,40 €/km depuis le 1er juin 2026 (avenant 76), un taux unique qui ne dépend pas de la puissance de votre voiture. Dans une entreprise privée de services à la personne ou chez un particulier employeur, c'est la convention correspondante qui fixe le taux. Nous détaillons ces montants et leur évolution dans notre article dédié au barème et au remboursement kilométrique de l'aide à domicile.
Le nerf de la guerre : prouver ses trajets
Voici la réalité : un employeur ne rembourse que les kilomètres qu'on lui présente, et vous ne pourrez contester un oubli que si vous avez de quoi le montrer. « Je roule beaucoup » n'a jamais rempli une ligne de bulletin de paie. Ce qui la remplit, c'est un relevé de trajets précis : la date, l'ordre des bénéficiaires visités, et la distance entre chaque adresse.
Ce relevé a deux usages. Au quotidien, il vous permet de vérifier votre paie : vous comparez le total de vos inter-vacations à ce qui a été remboursé, et l'écart saute aux yeux. En cas de désaccord, il devient votre pièce justificative : face à un employeur qui « oublie » des trajets, un relevé daté et détaillé pèse infiniment plus qu'un ressenti. C'est ce que nous expliquons dans notre guide Kilevo pour les salariés pour faire valoir ses frais de déplacement.
Le format compte aussi : un relevé lisible, avec une ligne par trajet, est plus difficile à contester qu'un carnet raturé. Notre modèle de note de frais kilométrique vous donne la trame attendue.
Le vrai enjeu : un relevé que vous n'avez pas à tenir le soir
Tenir ce relevé à la main, après une journée de six interventions, c'est la théorie. En pratique, personne ne s'y astreint tous les soirs — et les kilomètres non notés deviennent des kilomètres non remboursés. Le paradoxe, c'est que l'information existe déjà : votre tournée est écrite dans le planning que vous recevez ou dans votre agenda, avec l'heure et l'adresse de chaque bénéficiaire.
Kilevo part de là. Il lit votre agenda et reconstitue automatiquement vos trajets — l'ordre des interventions, la distance entre chaque bénéficiaire, en séparant nettement les inter-vacations du trajet domicile-travail. Vous obtenez, sans rien noter, un relevé mensuel prêt à comparer à votre bulletin ou à présenter à votre employeur. Vos tournées sont déjà dans votre agenda : Kilevo en fait vos trajets, et le remboursement que vous demandez repose enfin sur des chiffres, pas sur une impression. Les structures qui veulent fiabiliser ces remboursements côté employeur trouveront le détail sur la page Kilevo pour les employeurs.
Questions fréquentes
Mes trajets entre deux bénéficiaires sont-ils obligatoirement remboursés ?
Oui. Les déplacements entre deux interventions dans la journée donnent droit au remboursement des kilomètres au taux conventionnel de votre branche, et le temps de trajet correspondant est du temps de travail effectif, qui doit être rémunéré.
Et le trajet entre chez moi et le premier bénéficiaire ?
Il relève du trajet domicile-travail et n'est pas traité comme une inter-vacation : ni remboursé de la même façon, ni décompté comme temps de travail effectif en principe. La distinction entre ce trajet et vos déplacements entre bénéficiaires est essentielle dans votre relevé.
Que faire si mon employeur ne rembourse pas mes kilomètres ?
Rassemblez un relevé daté de vos trajets entre bénéficiaires, comparez-le aux remboursements figurant sur vos bulletins, et présentez l'écart à votre employeur par écrit. Un relevé précis est la pièce qui transforme un ressenti en demande recevable ; à défaut d'accord, il constitue la base d'un recours.
Comment noter mes kilomètres sans y passer mes soirées ?
Vos interventions figurent déjà dans votre planning ou votre agenda. Un outil qui lit cet agenda peut en déduire l'ordre des bénéficiaires et les distances, et bâtir votre relevé tout seul — vous n'avez plus qu'à le vérifier.