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Frais kilométriques médecin remplaçant : ce que vous pouvez déduire

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Le médecin remplaçant a un rapport au kilomètre bien à lui : un cabinet un jour, un autre la semaine suivante, parfois trois villages dans la même journée. Beaucoup se demandent alors ce qu'ils peuvent réellement déduire de tous ces trajets, et comment le justifier quand les lieux changent en permanence. La bonne nouvelle : la règle fiscale, elle, ne change pas. Une fois qu'on a compris deux ou trois principes, le calcul devient simple, même avec un planning en mouvement constant.

Médecin remplaçant : un revenu en BNC, deux régimes possibles

Quand vous remplacez, vous n'êtes pas salarié : vous exercez en libéral, et vos revenus relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC). Concrètement, le médecin titulaire encaisse les honoraires de la période où vous l'avez remplacé, puis vous reverse une part convenue — la rétrocession d'honoraires. Cette rétrocession, c'est votre recette : c'est elle que vous déclarez.

Face à cette recette, deux régimes fiscaux coexistent, et le choix entre les deux décide de tout le reste :

  • Le micro-BNC, tant que vos recettes annuelles restent sous 83 600 € (seuil applicable aux revenus 2026, 2027 et 2028). Un abattement forfaitaire de 34 % est appliqué automatiquement pour représenter vos frais. Vous ne déduisez rien d'autre : ni matériel, ni cotisations, ni kilomètres.
  • La déclaration contrôlée (formulaire 2035), obligatoire au-delà du seuil et possible sur option en dessous. Là, vous déduisez vos frais réels de fonctionnement, et notamment vos frais de véhicule au barème kilométrique.

Autrement dit : seul le régime de la déclaration contrôlée permet de déduire vos kilomètres. Au micro-BNC, l'abattement de 34 % est réputé tout couvrir, y compris la voiture. Si vous roulez beaucoup — et un remplaçant qui court les cabinets roule beaucoup — c'est un point à regarder de près, parce qu'il change souvent l'arbitrage.

Le barème kilométrique : ce que vous déduisez vraiment

Au régime réel, vous pouvez évaluer vos frais de voiture avec le barème kilométrique publié chaque année par l'administration. Il ne dépend que de deux choses : le nombre de kilomètres professionnels parcourus dans l'année, et la puissance fiscale de votre véhicule (les CV de la carte grise). Voici les formules 2026 :

PuissanceJusqu'à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
4 CVkm × 0,606km × 0,340 + 1 330km × 0,407
5 CVkm × 0,636km × 0,357 + 1 395km × 0,427
6 CVkm × 0,665km × 0,374 + 1 457km × 0,447
7 CV et pluskm × 0,697km × 0,394 + 1 515km × 0,470

Un exemple concret. Vous remplacez sur plusieurs cabinets d'un même secteur, en 6 CV, et vous totalisez 18 000 km professionnels sur l'année. Vous êtes dans la tranche 5 001–20 000 km :

18 000 × 0,374 + 1 457 = 8 189 € déductibles de votre bénéfice.

Ce barème couvre déjà le carburant, l'entretien, l'assurance, les pneus et la dépréciation : vous n'ajoutez donc pas vos pleins par-dessus, ils sont dedans. En revanche, restent déductibles en plus les péages, le stationnement et les intérêts d'un emprunt ayant financé le véhicule — trois postes qui pèsent quand on avale de l'autoroute entre deux remplacements.

Quels trajets un remplaçant peut-il déduire ?

C'est là que le statut de remplaçant soulève ses vraies questions. Tous les kilomètres ne se valent pas :

  • Domicile ↔ cabinet remplacé : déductible, mais dans la limite d'un aller-retour par jour et d'une distance de 40 km dans chaque sens. Au-delà de 40 km, il faut pouvoir justifier l'éloignement (aucun cabinet plus proche, contraintes personnelles…).
  • Entre deux cabinets dans la même journée : intégralement déductible, sans plafond de distance. C'est du déplacement purement professionnel.
  • Visites à domicile effectuées pendant le remplacement : intégralement déductibles elles aussi.

Pour un remplaçant, c'est précisément le point qui coince : comme le cabinet « de référence » change chaque semaine, le trajet domicile-travail change avec lui, et il faut le suivre lieu par lieu plutôt que de retenir une distance moyenne. C'est jouable, à condition de noter les trajets au fil de l'eau — pas de les reconstituer de mémoire en avril.

Ne confondez pas ce que vous encaissez et ce que vous déduisez

Un point sème régulièrement la confusion. Pendant un remplacement, les visites à domicile que vous réalisez peuvent générer des indemnités kilométriques et des majorations de déplacement facturées à l'Assurance Maladie. Mais ces sommes sont encaissées dans la comptabilité du cabinet remplacé : elles gonflent les honoraires du titulaire, dont vous touchez ensuite une part sous forme de rétrocession. Elles ne sont pas « vos » IK.

Votre déduction kilométrique, elle, est un tout autre circuit : c'est une charge que vous portez sur votre 2035 pour l'usure de votre propre véhicule. Les deux ne se confondent jamais et ne s'annulent pas : vous déclarez votre rétrocession en recette, et vous déduisez vos kilomètres en charge, chacun de son côté.

Véhicule électrique : 20 % de plus

Si vous faites vos remplacements en véhicule électrique, le barème est majoré de 20 %. Sur l'exemple précédent — 6 CV, 18 000 km — la déduction passerait d'environ 8 189 € à près de 9 830 €. Pour un médecin qui roule sur un large secteur, l'écart annuel n'a rien de symbolique.

Barème ou frais réels : comment trancher

Le barème n'est pas votre seule option en déclaration contrôlée. Vous pouvez aussi déduire vos frais réels de véhicule (carburant, entretien, assurance, amortissement) au prorata de l'usage professionnel. Le choix se fait en début d'année et vaut pour tous vos véhicules jusqu'au 31 décembre.

Pour un remplaçant qui roule beaucoup avec une voiture déjà amortie, le barème est en général plus avantageux et bien plus simple. Mais l'année où vous achetez un véhicule cher, les frais réels peuvent l'emporter. Le seul moyen de savoir, c'est de calculer les deux : notre page frais réels ou barème kilométrique détaille l'arbitrage, et le calculateur d'indemnité kilométrique vous donne le montant du barème en quelques secondes.

Le vrai enjeu : un relevé de trajets qui suit vos remplacements

Quelle que soit la méthode, tout repose sur un chiffre : votre kilométrage professionnel annuel. Et pour un remplaçant, c'est le chiffre le plus difficile à tenir, parce que les lieux ne se répètent pas. Reconstituer une année de cabinets différents de mémoire, c'est sous-estimer par prudence — donc déduire moins que son dû — ou surestimer et ne rien pouvoir justifier en cas de contrôle.

Or vos remplacements sont déjà écrits quelque part : dans votre agenda. Chaque journée programmée porte un lieu et une date. Kilevo lit votre agenda et en déduit automatiquement vos trajets — date, adresse, distance — jour après jour, sans que vous ayez à noter un seul chiffre. Le relevé se construit tout seul, même quand le cabinet change chaque semaine, et vous arrivez à votre déclaration avec un total déjà prêt et justifiable. La page Kilevo pour les professionnels itinérants montre le principe, et notre synchronisation d'agenda explique le mécanisme.

Questions fréquentes

Un médecin remplaçant peut-il déduire ses frais kilométriques ?

Oui, mais uniquement au régime de la déclaration contrôlée (2035). Au micro-BNC, l'abattement forfaitaire de 34 % couvre déjà tous les frais, kilomètres compris : aucune déduction supplémentaire n'est possible.

Les trajets vers le cabinet remplacé sont-ils déductibles ?

Oui, dans la limite d'un aller-retour par jour et de 40 km dans chaque sens. Les trajets entre deux cabinets et les visites à domicile réalisées pendant le remplacement sont, eux, déductibles sans plafond de distance.

La rétrocession et les indemnités kilométriques, c'est la même chose ?

Non. La rétrocession est votre recette (la part d'honoraires que le titulaire vous reverse). Les IK facturées à la Sécu pendant vos visites entrent dans la comptabilité du cabinet remplacé, pas dans la vôtre. Votre déduction kilométrique est une charge distincte, portée sur votre propre 2035.

Combien puis-je déduire par kilomètre en 2026 ?

Cela dépend de la puissance de votre véhicule et du total annuel. Pour un 6 CV parcourant 18 000 km, la déduction ressort à 8 189 €, soit environ 0,45 € par kilomètre. Le taux au km est plus élevé en dessous de 20 000 km, où une part fixe s'ajoute au calcul.

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