Indemnité kilométrique agent de sécurité mobile : rondes et interventions
Kilevo
Vous enchaînez les sites toute la nuit — une ronde ici, une levée de doute là, une intervention sur alarme à l'autre bout du secteur — et la question finit toujours par tomber : « Tous ces kilomètres, qui me les paie ? » Sur le sujet, on lit un peu tout et n'importe quoi : le barème des impôts, le « 0,35 € du kilomètre », des indemnités qui n'existent pas. Avant de parler chiffres, il faut trancher une seule chose, et tout le reste en découle : un agent de sécurité mobile est presque toujours salarié d'une société de sécurité. Ce n'est donc ni une déduction fiscale que vous cherchez, ni une facturation : c'est un remboursement de frais par votre employeur.
La première question n'est pas le montant, c'est le véhicule
Avant de calculer quoi que ce soit, regardez avec quel véhicule vous faites vos rondes :
- Véhicule de service (la voiture sérigraphiée de la société, carburant payé par l'employeur) : vous n'avez rien à déduire ni à réclamer. Ce n'est pas votre voiture, ce n'est pas votre carburant, il n'y a pas de frais à votre charge. C'est le cas le plus fréquent pour un rondier ou un agent d'intervention.
- Véhicule personnel utilisé pour le service : là, oui, vous engagez des frais, et ils doivent vous être remboursés par l'employeur. C'est de ce cas qu'on parle dans tout le reste de l'article.
Ne mélangez pas non plus le trajet domicile-travail — de chez vous jusqu'à votre premier point de la vacation — avec les déplacements entre deux sites pendant la vacation. Ce ne sont pas les mêmes règles, et c'est souvent là que des kilomètres passent à la trappe.
Véhicule personnel : un remboursement, pas une déduction d'impôt
Quand vous utilisez votre propre voiture pour relier vos sites, l'employeur vous rembourse au barème kilométrique. Retenez bien la nature de ce versement : c'est un remboursement de frais, exonéré de cotisations et d'impôt dans la limite du barème fiscal. Il n'apparaît pas comme une déduction sur votre déclaration ; il compense simplement une dépense que vous avez avancée pour votre employeur. Tant que le remboursement reste dans les clous du barème, ni l'URSSAF ni le fisc n'ont rien à y redire ; au-delà, l'excédent devient du salaire, cotisable et imposable.
Ce que prévoit la convention prévention et sécurité (IDCC 1351)
Le secteur relève de la convention collective nationale des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351). Elle organise deux indemnités liées aux déplacements, qu'il ne faut pas confondre avec un remboursement de trajets professionnels au réel :
- Une indemnité de déplacement versée selon l'éloignement du domicile, sur des zones concentriques et sur justification de l'usage du véhicule personnel, pour les jours où l'agent s'est effectivement rendu sur son lieu de travail. Son barème est indexé chaque année sur le barème administratif d'un véhicule de 6 CV.
- Pour les agents cynophiles, une indemnité de transport du chien, elle aussi calculée par zones de distance :
| Distance (aller simple) | Indemnité (aller-retour) |
|---|---|
| 0 à 30 km | 1,75 € |
| 30 à 60 km | 2,33 € |
| 60 à 100 km | 2,68 € |
| Plus de 100 km | 3,03 € |
Ce barème cynophile est indexé sur le barème kilométrique diffusé chaque année par l'administration fiscale. Ces indemnités conventionnelles sont des minima : rien n'interdit à un employeur de rembourser davantage, notamment vos déplacements inter-sites effectués en cours de vacation, qui relèvent d'un vrai remboursement de frais professionnels au barème et non de la simple indemnité de transport domicile-travail.
Quels trajets vous sont réellement dus
La règle de bon sens, celle que retiendra aussi bien l'URSSAF qu'un juge en cas de litige, est la suivante :
- Les déplacements entre deux sites pendant votre vacation — d'un client à l'autre, d'une ronde à une intervention sur alarme — sont des trajets professionnels. Avec votre véhicule personnel, ils vous sont remboursés, et le temps passé sur la route est du temps de travail.
- Le trajet domicile → premier site et dernier site → domicile suit en principe le régime du trajet domicile-travail : il n'est pas remboursé de la même manière, et c'est là qu'intervient l'indemnité de déplacement conventionnelle par zones.
Autrement dit, ce sont surtout vos kilomètres inter-sites qui doivent être comptés et payés. Si vous avez le sentiment de rouler beaucoup pour rien, c'est presque toujours là que ça coince.
L'autre levier : les frais réels sur votre déclaration
Il existe un second circuit, indépendant de l'employeur. Sur votre déclaration de revenus, vous bénéficiez par défaut de l'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels (compris, pour les revenus 2025 déclarés en 2026, entre 509 € et 14 555 €). Si vos frais réels de déplacement dépassent cet abattement — ce qui arrive vite quand on roule beaucoup avec son véhicule perso —, vous pouvez opter pour les frais réels et déduire vos kilomètres au barème fiscal à la place du forfait de 10 %.
Attention à une règle qui piège beaucoup de salariés : si vous déclarez vos kilomètres aux frais réels, vous devez réintégrer dans votre salaire imposable les remboursements déjà versés par l'employeur pour ces mêmes trajets. On ne déduit pas deux fois la même dépense. Le barème, lui, dépend de la puissance fiscale de votre voiture et du total annuel de kilomètres professionnels : par exemple un 5 CV à 12 000 km ressort à 5 679 € de frais déductibles. Notre page barème kilométrique 2026 détaille les coefficients.
Le vrai enjeu : prouver ses rondes, kilomètre par kilomètre
Remboursement employeur ou frais réels, le principe est le même : vous ne serez payé que pour les kilomètres que vous pouvez présenter. Un rondier fait dix, quinze passages dans une nuit, sur des sites qui changent d'une vacation à l'autre. Reconstituer tout ça de mémoire en fin de mois, c'est sous-estimer ses trajets par prudence — donc perdre de l'argent — ou les gonfler et ne rien pouvoir justifier si l'employeur ou le fisc demande le détail.
Or vos vacations sont déjà écrites quelque part : dans la feuille de service, la main courante ou l'agenda qui liste vos sites et vos horaires. Chaque site est une adresse, chaque passage un déplacement. Kilevo lit cet agenda et en déduit automatiquement vos trajets — l'ordre des sites, la distance entre chacun, le total du mois — sans que vous ayez à noter un seul chiffre au petit matin. Vous obtenez un relevé clair à comparer à votre bulletin de paie ou à joindre à votre déclaration. Pour aller plus loin, voyez comment un salarié fait valoir ses trajets auprès de son employeur, et le calculateur de distance pour vérifier un trajet précis.
Questions fréquentes
Un agent de sécurité peut-il déduire ses frais kilométriques aux impôts ?
Seulement s'il utilise son véhicule personnel et opte pour les frais réels, à la place de l'abattement de 10 %. Avec un véhicule de service, il n'y a aucun frais à déduire. Et si l'employeur rembourse déjà ces trajets, il faut réintégrer ce remboursement dans le revenu imposable avant de déduire au barème.
Combien vaut le kilomètre d'un agent de sécurité mobile ?
Il n'existe pas de « taux unique » : c'est le barème fiscal (fonction de la puissance du véhicule et du kilométrage annuel) qui plafonne le remboursement exonéré. La convention IDCC 1351 prévoit en plus une indemnité de déplacement par zones et une indemnité de transport de chien pour les cynophiles, indexées chaque année sur le barème administratif.
Mes trajets entre deux sites sont-ils payés ?
Oui. Les déplacements entre sites pendant la vacation sont des trajets professionnels : remboursés si vous roulez avec votre voiture, et le temps de route compte comme temps de travail. Seuls les trajets domicile ↔ premier/dernier site relèvent du régime domicile-travail.
Et l'agent cynophile mobile ?
Il cumule le remboursement de ses trajets professionnels et l'indemnité de transport du chien prévue par la convention, calculée par zones (de 1,75 € à 3,03 € l'aller-retour selon la distance). Là encore, tout repose sur un relevé de déplacements que vous pouvez présenter.