Frais kilométriques assistante maternelle : trajets école, activités et accueil
Kilevo
Vous emmenez les enfants à l'école le matin, au relais petite enfance dans la matinée, à la médiathèque ou au parc l'après-midi — et à chaque trajet, la même question revient : « Ces kilomètres, est-ce que quelqu'un me les rembourse, et combien ? » La réponse est oui, ils vous sont dus, mais pas selon le barème que la plupart des gens ont en tête. Une assistante maternelle est salariée du ou des particuliers employeurs qui lui confient leurs enfants. Ce n'est donc ni une déduction d'impôt, ni le barème fiscal appliqué tel quel : c'est une indemnité kilométrique conventionnelle, encadrée par une règle précise et remboursée par les parents.
Qui paie, et sur quelle base
Le cadre est la convention collective nationale des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (du 15 mars 2021, applicable depuis 2022), qui contient les dispositions propres aux assistants maternels. Elle pose un principe clair : dès que vous transportez les enfants accueillis avec votre véhicule personnel, le parent employeur doit vous verser une indemnité kilométrique. Ce n'est pas une faveur, c'est une obligation.
En revanche, si vous conduisez le véhicule fourni par l'employeur, il n'y a pas d'indemnité kilométrique : ce n'est ni votre voiture, ni votre carburant.
Le point que presque tout le monde rate : il n'y a pas de « taux unique »
C'est ici qu'il faut corriger une idée reçue. Contrairement à ce qu'on lit souvent, la convention ne fixe pas un montant au kilomètre gravé dans le marbre. Elle fixe une fourchette, à l'intérieur de laquelle vous et les parents convenez du taux, idéalement écrit dans le contrat de travail :
- Le montant ne peut pas être inférieur au barème de l'administration (le barème kilométrique de la fonction publique) : c'est le plancher.
- Il ne peut pas être supérieur au barème fiscal (celui des indemnités kilométriques que publie l'administration fiscale) : c'est le plafond.
Autrement dit, le « bon » taux se négocie dans ce corridor. En pratique, beaucoup de parents appliquent tout simplement le barème de la fonction publique, qui sert de référence basse. Pour 2026, ce barème administratif tourne autour de 0,32 € à 0,46 €/km pour les 2 000 premiers kilomètres de l'année, selon la puissance du véhicule, avec en plus une majoration temporaire de 3,2 % appliquée du 1er juin au 31 décembre 2026. Le barème fiscal 2026, qui constitue le plafond, est sensiblement plus généreux (de l'ordre de 0,53 € à 0,70 €/km sur les premiers kilomètres selon la puissance).
La bonne pratique : fixez le taux par écrit dans le contrat, en précisant le barème retenu, pour éviter toute discussion en fin de mois.
Comment se répartit l'indemnité en garde partagée
Vous accueillez souvent des enfants de familles différentes. Quand un déplacement profite à plusieurs enfants — la sortie au parc, le trajet vers le RAM —, l'indemnité se répartit entre les employeurs au prorata du nombre d'enfants transportés. Si un trajet ne concerne qu'un seul enfant (l'école de l'un, un rendez-vous propre à un autre), c'est la famille concernée qui le prend en charge en totalité.
Point important : le remboursement se calcule sur les kilomètres réellement parcourus dans le mois, jamais de façon forfaitaire. D'où l'intérêt de connaître à l'avance les distances de vos trajets récurrents (école, RAM, activités) : cela simplifie énormément le décompte mensuel.
Ce qui est exonéré, ce qui ne l'est pas
Bonne nouvelle côté fiche de paie : tant que l'indemnité kilométrique reste dans la limite du barème fiscal, elle n'est pas soumise à cotisations sociales et n'est pas imposable. C'est un remboursement de frais, pas du salaire. En revanche, tout ce qui dépasserait le barème fiscal serait requalifié en salaire, donc cotisé et fiscalisé. C'est une des raisons pour lesquelles le barème fiscal sert de plafond : au-delà, l'avantage disparaît.
Ces indemnités se déclarent via Pajemploi, comme le reste de votre rémunération. À ne pas confondre, au passage, avec l'indemnité d'entretien (qui couvre les couches, les jeux, l'eau, l'électricité de l'accueil) ni avec l'indemnité de repas : ce sont des frais distincts, qui n'ont rien à voir avec vos kilomètres.
Quels trajets sont concernés — et lesquels ne le sont pas
La ligne de partage est simple : sont indemnisés les trajets que vous effectuez dans le cadre de l'accueil, en transportant les enfants. Typiquement :
- les allers-retours école (dépose le matin, récupération le soir) ;
- les trajets vers le relais petite enfance, la ludothèque, la bibliothèque ;
- les sorties et activités prévues (parc, piscine, sortie pédagogique).
En revanche, votre propre trajet domicile → domicile, ou vos courses personnelles, ne sont pas des trajets professionnels et ne se remboursent pas. La distinction est la même que pour tout salarié : on indemnise le déplacement fait pour le travail, pas votre vie privée.
Le vrai enjeu : un décompte que vous n'avez pas à tenir à la main
Noter chaque trajet, chaque distance, chaque enfant présent, à la fin d'une journée d'accueil bien remplie, personne ne le fait vraiment. Et c'est le problème : les kilomètres non notés sont des kilomètres non remboursés, et un décompte approximatif se retourne contre vous dès qu'un parent demande le détail.
Or vos journées sont déjà organisées quelque part : dans votre planning d'accueil, votre agenda de sorties, les horaires d'école. Chaque activité y porte un lieu et une heure. Kilevo lit cet agenda et en reconstitue vos trajets — l'ordre des étapes, la distance de chacune, le total du mois, famille par famille — sans que vous ayez à noter un seul chiffre le soir. Vous obtenez un relevé clair, à répartir entre vos employeurs et à joindre à votre décompte Pajemploi. Vous pouvez aussi partir d'un modèle de note de frais kilométrique, et voir comment un salarié fait valoir ses trajets auprès de son employeur.
Questions fréquentes
Combien vaut le kilomètre d'une assistante maternelle en 2026 ?
Il n'y a pas de taux unique imposé. La convention fixe une fourchette : l'indemnité ne peut être ni inférieure au barème de la fonction publique (autour de 0,32 à 0,46 €/km sur les premiers kilomètres), ni supérieure au barème fiscal. Le taux exact se convient avec les parents et s'écrit dans le contrat ; beaucoup retiennent le barème de la fonction publique.
Qui rembourse mes trajets, les parents ou les impôts ?
Les parents employeurs. Il s'agit d'un remboursement de frais versé par eux, pas d'une déduction sur une déclaration d'impôt. En garde partagée, l'indemnité se répartit entre les familles au prorata du nombre d'enfants transportés.
Ces indemnités sont-elles imposables ?
Non, tant qu'elles restent dans la limite du barème fiscal : elles sont exonérées de cotisations et d'impôt. Au-delà de ce plafond, l'excédent est requalifié en salaire et devient cotisable et imposable.
Et si je transporte les enfants avec la voiture des parents ?
Dans ce cas, pas d'indemnité kilométrique : vous n'avancez ni le véhicule ni le carburant. L'indemnité ne concerne que l'usage de votre véhicule personnel.